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Voici un blog destiné à mettre en ligne mes fiches de lecture et mes grilles d'analyse sur le milieu des bibliothèques et de la documentation en général. Son but est clairement utilitaire pour faire partager de merveilleuses découvertes à mes camarades de classe et au reste du monde.
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Fiche de lecture

Lundi 27 novembre 2006

Fiche de lecture n°1

La Bibliothèque numérique démarre

 

 

LEBERT Marie : Le Livre 010101 (1993-1998) – Septembre 2003

Le chapitre 7 La bibliothèque numérique démarre

http://www.etudes-francaises.net/entretiens/010101/1998chapitre7.htm

 

Principales idées de l’article :

 

La bibliothèque numérique est la meilleure contribution de l’Internet au monde du livre. De plus en plus de documents  du domaine public (de la littérature à l’audiovisuel) sont mis à disposition du public sur le réseau et les projets de numérisation se multiplient.

Il existe deux sortes de bibliothèques numériques : celles nées numériques, peu nombreuses, et celles produites par des bibliothèques physiques.

 

Les bibliothèques numériques possèdent des avantages non négligeables par exemple l’accès aux documents difficilement consultables. Les documents précieux ne sont ainsi manipulés que lors de la numérisation, conciliant enfin les deux buts peu compatibles de la bibliothèque : conservation et communication.

 

Pour différencier la simple collection mise en ligne d’une bibliothèque numérique, celle-ci répond à quatre critères :

  • Elle possède un accès unifié même si elle rassemble des collections localisées dans des endroits différents.
  • Elle est organisée et indexée.
  • Elle est pensée et construite pour une longue existence.
  • Elle fait la part entre respect des droits d’auteur et demandes des universitaires.

Peu de professionnels envisagent la bibliothèque numérique comme suffisante à elle-même. Ainsi Brian Lang, directeur de projet de la British Library n’imagine pas de bibliothèque exclusivement numérique mais un développement parallèle avec la bibliothèque traditionnelle.

 

L’Universal Library met en avant les trois avantages de la bibliothèque numérique :

  • L’économie de place ainsi que la facilité de sauvegarde et copie.
  • L’accessibilité instantanée
  • La réduction du coût grâce au traitement informatique de la recherche et à l’accès favorisé des documents.

Pour la constitution d’un fond, la numérisation d’une collection peut se faire en mode image ou en mode texte. Le mode image est le plus utilisé car il est moins coûteux et reproduit le livre à l’identique. La numérisation en mode texte suppose une saisie du texte et donc un traitement plus long mais est parfois nécessaire car la recherche et l’indexation peuvent s’effectuer sur le livre.

 

On peut présenter quelques projets :

Le Project Gutenberg, premier projet lancé en 1971 par Michael Hart a pour but de proposer gratuitement le plus de textes électroniques possibles au plus grand nombre de lecteurs. C’est le centre informatique de l’université de l’Illinois qui finance la saisie et le stockage au format ASCII des nombreux œuvres issues du domaine public divisées en trois catégories : Light Litterature ou littérature de divertissement, Heavy Litterature ou littérature ‘sérieuse’ et Reference Litterature. Ce projet à vocation universelle souhaite faciliter l’accès pour tous les publics familier ou non des bibliothèques.

 

Parmi les projets de bibliothèque numérique, on peut citer l’ABU. Elle est fondée en 1993 ce qui fait d’elle la première bibliothèque numérique francophone. Elle possède une collection d’œuvres numérisées en mode texte et donne des conseils sur son site aux bénévoles qui souhaitent participer à l’extension de la bibliothèque.

Autre projet, Athena, est l’initiative d’une seule personne, Pierre Perroud, un professeur de collège. Le site est hébergé par l’université de Genève et propose une grande variété de textes électroniques sur différents sujets. L’objectif d’Athena est de mettre en ligne des textes français mais les auteurs suisses sont aussi présents.

Le projet Gallica, qui correspond au pendant numérique de la BnF est lancé en 1997. Au début, le projet est considéré comme une expérience qui teste l’accessibilité pour le lecteur ou chercheur dans sa collection numérique. Composée de la numérisation du fonds de ses départements spécialisés, Gallica change sa vocation de bibliothèque universelle en réalisation de corpus thématique plus exhaustifs. 

La bibliothèque électronique de Lisieux est un bon exemple de projet qui fonctionne avec peu de moyens et beaucoup de volonté. Lancée en 1996, la bibliothèque en ligne met à disposition des internautes un texte du domaine public en version intégrale tous les mois. Commençant petit, la bibliothèque prend de l’importance avec la reconnaissance des élus du travail accompli. Sans ambition universelle, la bibliothèque de Lisieux propose maintenant un service de plus en plus étendu.

La bibliothèque municipale de Lyon a quant à elle décidé de mettre en ligne un bibliothèque d’images numérisées de sa collection d’enluminures. Cette banque d’objets-images est organisée et indexée pour une recherche. Avec l’Internet à haut débit, cette initiative d’images en ligne promet d’être de plus en plus favorisée.

 

D’autres expériences peuvent être citées. Du côté anglophone, la bibliothèque de l’UC Berkeley et son site SunSITE sont assez actifs. L’Internet Public Library a l’idée intéressante de sélectionner et traiter les ressources d’Internet. Quant au site Library 2000, il a permit à de nombreuses bibliothèques numériques de se créer en utilisant son prototype permettant des systèmes encore durables en l’an 2000.

Parmi les initiatives non anglophones, on peut citer le projet Gutenberg-DE qui promeut la littérature allemande, le Project Runeberg pour la littérature nordique et Liber Liber comme bibliothèque numérique italienne.

 

            A la vue du paysage des bibliothèques numériques, on ne peut que voir les promesses et perspectives que nous offre le numérique et l’Internet. Les développements sont tout aussi attendus pour les bibliothèques d’images.

 

Avis critique :

Malgré un texte assez ancien, on obtient un assez bon tour d’horizon des différentes orientations que peuvent prendre les bibliothèques numériques. Les petits projets qui ont du succès sont tout aussi intéressants que les grands projets qui revoient leurs ambitions à la baisse. Même si cette synthèse de l’auteur me semble un peu trop optimiste et enthousiaste, on peut facilement se laisser contaminer par les témoignages des acteurs qui ont foi en leur projet ambitieux et qui y consacrent tout leur temps. Néanmoins cet article reste modéré en citant chiffres et limites. Il serait bon de trouver une mise à jour de la situation de ses projets en 2006 pour pouvoir suivre leur évolution.

 

Par Elise
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Lundi 27 novembre 2006

Fiche de lecture n° 2

Du livre électronique à l’encre électronique

 

 

 

Krebs, Constance, « Du livre électronique à l’encre électronique : Nouveau papier, nouveau livre ? », BBF, 2006, n° 4, p. 38-41

[en ligne] <http://bbf.enssib.fr> Consulté le 20 novembre 2006

 

 

Résumé :

            L’e-book est mort là où le livre millénaire continue son chemin. Mais avec de nouvelles technologies comme le papier électronique, les liens entre numérique et littérature vont-ils s’affirmer ?

De nouveaux outils ont vu le jour : à la fois baladeurs et ordinateurs ; légers et transportables, contenant plusieurs volumes et un dictionnaire interrogeable. On les appelle e-books, ou bouquineurs pour les francisants.

            La technologie est déjà prête pour la révolution. Après la police Cleartype de Microsoft qui facilite la lecture à l’écran, on trouve la mobilité et la légèreté indispensable pour un outil de lecture. Mais on a oublié en route les fournisseurs de cette lecture numérique. Pas prêts à se battre pour cette révolution.

            Ce qui fait office d’outil de lecture pour l’instant est l’assistant personnel. A la fois léger et multifonction, il permet donc aussi la lecture de textes.

            Pour rivaliser avec ces assistants, plusieurs modèles d’e-books ont vu le jour. Entièrement dédié à la lecture, son grand atout par rapport au support papier est de prendre en compte les liens hypertextes.

            Mais ce qui n’avait pas été pris en compte est l’attachement au livre, presque affectif. L’écran est pour les images et vidéos, le papier reste le support de lecture privilégié.

            C’est à ce moment qu’arrive le papier électronique du professeur Jacobson. Grâce à des capsules d’encre noire ou blanche, chargées électriquement, on obtient papier souple, lisible et réutilisable. En 1999, c’est l’invention la plus proche du support papier  qui vient d’être crée et le monde de l’édition surveille de près cette avancée.

            Mais cette encre n’est pas encore commercialisable et l’e-book reçoit un assez mauvais accueil : complexe, peu d’autonomie, lourd, cher, pas assez interactif… Les critiques sont nombreuses.

            En fait, le contexte lui-même ne se prête pas vraiment au succès de l’e-book. On différencie les loisirs qui sont la télévision, la musique, du travail dans lequel se situe la lecture. Bien évidemment, la technologie avec le plus de succès concerne les loisirs. Même si la lecture à l’écran est devenue quotidienne, elle déstabilise toujours. De plus, en défaveur de l’e-book, avec la conception de l’Internet la plus répandue, acheter de l’immatériel parait impensable pour beaucoup. D’autre part en 2000, Internet n’est pas assez rapide et les bibliothèques numériques peu fournies (on le constate encore aujourd’hui).

            D’après Bill Gates, l’e-book est un outil entièrement nouveau, avec ses liens hypertextes, sa personnalisation possible, son enrichissement par l’image et le son. L’avenir de l’e-book est de contribuer à l’alphabétisme et l’éducation. Les bibliothèques publiques virtuelles pourront avoir accès au même contenu que la Bibliothèque du Congrès.

            Avec le temps, le contexte progresse : Internet haut débit, de plus en plus de livres en ligne. L’e-book réapparaît. Avec la technologie du papier électronique arrivée cette fois-ci du Japon. Flexible et portable, avec une grande autonomie, ce papier n’a pas encore fini sa transformation et base son succès sur la communication vers le monde. Outre le son déjà présent et la polychromie bientôt mise au point, dans quelques années, les images vidéo y seront intégrées.

            En Chine l’utilisation de ce papier prend un tournant plus scolaire alors que le Japon pense l’utiliser comme un outil d’information en temps réel.

            Ne manque que le catalogue des librairies, à la fois en ligne et sur tous les supports papier et électronique. Mais, pour cela, encore faut-il s’interroger sur les besoins du lecteur. Comment il aborde le numérique et ensuite comment fait-il le lien entre le numérique et la librairie.

            Que manque t’il ? Depuis 2000, le numérique est confortablement installé. La lecture est quotidienne et même si l’envie de lire sur une tablette électronique n’est pas encore établie, il est possible que le basculement ne soit pas si loin. En effet, on voit bien avec l’exemple du baladeur MP3 que l’évolution peut être fulgurante et généralisée.

            Les textes en ligne ont un format uniforme. La société est à l’air du tout portable et toute cette technologie fait partie des objets de consommation courante. Les disciplines comme la science ont basculées sur le net, tout comme la musique et bientôt le cinéma. Mais où est le livre ? On y vient doucement avec quelques œuvres importantes déjà disponibles sur la toile ainsi que des revues sur la littérature en ligne. Il ne manque que l’édition pour achever cette révolution.

 

Avis : Constance Krebs a longtemps côtoyé le milieu de l’édition ce qui peut expliquer un point de vue un peu éloigné de celui d’un bibliothécaire sur le même sujet. Mais cet article dynamique et parfois piquant me paraît tout à fait décrire la situation actuelle. Le plus passionnant reste ce contraste entre avancée technologique et adaptation de la société. Il faut beaucoup plus de temps à l’homme qu’à la machine. On ressent cette impression d’accélération dans l’évolution de la pensée en parallèle avec le progrès des outils. Ce rapprochement entre le papier électronique et le papier analogique est aussi révélateur. C’est comme si on aplanissait les transitions pour se rapprocher au plus près du familier. Ce sujet est vraiment passionnant et donne l’impression de changements à venir des plus importants.

            Bientôt l’e-book dans toutes les poches ?

 

Par Elise
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Lundi 4 décembre 2006

Fiche de lecture n°3

Catalogage et métadonnées

 

Gradmann Stephan, Catalogage et métadonnées : du vin vieux dans des bouteilles neuves ?, IFLA, 1998 [en ligne] http://www.ifla.org/IV/ifla64/007-126f.htm, consulté le 15 novembre 2006

 

Résumé :

D’après la définition de Rachel Heery en 1996, on peut designer par le terme de métadonnées les notices de catalogue car elles sont ‘des données sur des données’. Cette définition correcte du point de vue sémantique entraîne du côté des bibliothécaires un certain désintérêt pour ces métadonnées en considérant que leur arrivée n’affecte en rien leur travail.

            Ce désintérêt n’est pas justifié et certains aspects de l’entité ‘métadonnée’ ont des chances de concerner bientôt les bibliothèques.

            Certains défendent le fait que les métadonnées sont complémentaires aux notices de catalogage mais le but de cet article est de mettre en évidence le caractère opposé de ces deux notions.

            En effet, dès le départ, au lieu de développer le format MARC déjà existant, les chercheurs créent une structure nouvelle pour ces métadonnées.

 

            Il ne faut pas tomber dans le piège de croire que les métadonnées du Dublin Core sont une forme plus simple de catalogage malgré la définition que les métadonnées sont de simples ‘données sur des données’. De nombreuses personnes comme Miller en 1996, Caplan en 1995 ou Heery donne cette définition.

            Mais la définition de Tim Berners-Lee diffère en un point important : ‘les métadonnées sont des informations compréhensibles par des machines’. On peut toujours nommer cette activité du catalogage mais le contexte est différent, ce ne sont plus des humains mais des machines qui travaillent. On met en avant la plus grande efficacité des métadonnées qui permet alors de faciliter le catalogage.

            Un deuxième aspect diffère quand on sait qu’à l’origine le Dublin Core a été pensé pour que les auteurs eux-mêmes puissent remplir les métadonnées. Le créateur n’est plus le bibliothécaire.

            Une autre caractéristique de départ du Dublin Core est sa construction pour faciliter la recherche dans un réseau et non d’être seulement la description d’un document.

            Pour résumer, le contexte d’utilisation des métadonnées est différent. L’auteur n’est pas forcément un professionnel, elles concernent un seul type de document (ressources électroniques) et sont produites plus efficacement que les notices catalographiques.

            Le résultat en lui-même entre des métadonnées et une notice de catalogage est assez semblable mais tout l’environnement de création et d’utilisation diffère. Ainsi les métadonnées peuvent dépasser l’exemple du catalogage et les considérer comme une forme simplifiée de catalogage est sûrement une erreur.

 

            Les notices catalographiques d’une bibliothèque sont peu précises dans le sens où elles ne prennent pas en compte l’utilisateur. Même le contexte d’une future utilisation est plutôt ignoré, ne changeant en rien la construction ou la sémantique utilisée pour la notice.

            Au contraire, le Dublin Core et ses projets semblables ont une grande volonté d’inclure l’utilisateur. Même si cela peut paraître un désavantage qui entraîne une inégalité dans l’application des normes, on voit aujourd’hui les aspects positifs de cette préoccupation. En effet, le Dublin Core est utilisé pour un type de ressources spécifique qui suppose aussi un contexte d’utilisation plus restreint et désigne une catégorie d’utilisateurs appelée par les chercheurs les ‘touristes électroniques’.

D’autre part, la différence se situe aussi au niveau du rapport Métadonnée/Ressources et Notice catalographique/Document. En effet, la relation entre métadonnée et ressource est construite pour fonctionner dans l’environnement web et définie comme exclusive (une ressource est unique d’après les hypothèses de base du Dublin Core). Au contraire, une notice catalographique va être attribuée à plusieurs exemplaires, complétant les données locales. Ainsi la notice est peu dépendante d’une source unique.

            En conséquence, les métadonnées diffèrent de par leur production différente et leur application s’effectue dans un contexte différent de celui des notices catalographiques que côtoie habituellement le bibliothécaire.

 

            Maintenant que les différences sont établies, on peut s’attarder sur la place du bibliothécaire dans ce projet. Pour la combinaison entre métadonnées et catalogue de bibliothèque, des projets voient le jour, mêlant informatisation des bibliothèque avec les systèmes de recherches sur internet. Mais ces essais ne sont pas encore opérationnels.

            Cependant, l’intervention des bibliothécaires serait sûrement bénéfique pour la communauté utilisatrice des métadonnées. Leur expérience, notamment pour la construction du Dublin Core avec qualificatifs, peut permettre d’éviter certaines erreurs déjà rencontrées ou de résoudre des problèmes connus des professionnels.

            Deux domaines nécessitent l’implication des bibliothécaires et l’apport de leur savoir-faire. Tout d’abord pour la mise en place de l’uniformisation et de contrôle d’autorité dans le contexte des métadonnées, sans revenir à la conversion en catalogage traditionnel. Ensuite, pour le problème de l’authentification par les métadonnées.

            L’un des principaux problèmes du Dublin Core est le manque d’utilisation de celui-ci, du à la faible utilisation par les moteurs de recherche qui manquent de confiance en ces métadonnées. Le bibliothécaire peut intervenir à ce niveau puisqu’il a souvent tenu le rôle de confiance et d’authentification pour l’utilisateur. Les abus au niveau des métadonnées sont déjà répandus et il manque un organisme qui propose une description fiable des ressources.

            Les bibliothèques et autres institutions publiques doivent s’impliquer dans ce processus même si un organisme extérieur peut aussi être utile dans la mesure où il lutte contre la vague actuelle de dérégulation.

            Du vin vieux dans des bouteilles neuves ? Après avoir démontré que cela n’est pas le cas, reste à trouver la place des bibliothèques dans cette évolution.

 

 

Avis : Cet article explique très bien le rôle des métadonnées par rapport aux activités de catalogage que nous connaissons. Il apparaît clairement qu’elles doivent être prises en compte sérieusement et de façon séparée. Les nouveautés qu’elles introduisent comme la place du contexte et de l’utilisateur paraissent être une évolution  importante. Toutefois, cet article datant de 1998, on peut se demander où en sont les métadonnées aujourd’hui. Même si leur importance n’est pas à démontrer, la création des métadonnées n’est pas encore vraiment établie dans les mœurs. Les données du Dublin Core devant être remplies par le créateur de la ressource ne sont pas suivies.

            Il est donc toujours d’actualité de parler de l’implication des bibliothèques dans la création des métadonnées. Si les projets et les idées sont présents, la réalisation n’est pas encore systématique.

Par Elise
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Mardi 26 décembre 2006

Fiche de lecture n°4

Les usages de Gallica

 

Lupovici, Catherine ; Cloarec, Thierry ; Charentenay, France de, « Les usages de Gallica », BBF, 2003, n° 4, p. 40-44
[en ligne] <http://bbf.enssib.fr> Consulté le 15 novembre 2006

 

 

Résumé : Les bibliothèques électroniques font désormais partie intégrante du panel de ressources du web.  Parmi une variété importante de contenus en ligne allant des portails culturels aux quotidiens électroniques, ces bibliothèques trouvent leur place mais reste à savoir comment l’utilisateur les appréhende.

            Cela fait quatre ans que Gallica, le pendant numérique de la BnF est accessible en ligne. Les statistiques de fréquentation recueillies ne suffisent pas à étudier le comportement des utilisateurs. Dans le cadre du projet BibUsages sur les usages de l’internet, la BnF a pu étudier la consultation de Gallica dans un ensemble général de consultation du web grâce à une étude du poste ‘client’ des utilisateurs.

            Dès sa création, Gallica mesure sa fréquentation pour s’approcher au mieux des attentes du public. Des questionnaires ont été mis à disposition pour connaître le profil des usagers.

            Le public de Gallica est en grande majorité composé d’enseignants et de chercheurs, dont seulement 60% résident en France. La fréquentation de Gallica augmente en fonction de la croissance de la collection (aujourd’hui de 70 000 volumes, 80 000 images et 500 documents sonores.).

            Les contenus de Gallica ont une vocation encyclopédique, utiles à des travaux de recherche comme à la découverte d’un plus grand public. Une forte demande d’usuels et d’ouvrages de référence révélée à travers les questionnaires incite à développer la collection dans cette voie. De même, des dossiers plus précis sont constitués et mis à disposition : Par exemple, le dossier ‘Voyages en France’.

            L’accès à Gallica s’est considérablement enrichi pour une meilleure adéquation avec les modalités de la recherche sur Internet. Grâce aux métadonnées et au texte intégral de certains documents, la recherche dans le catalogue et par moteur de recherche sur Internet donne un résultat plus précis.

 

            Le projet BibUsages a pour but l’étude des usages d’une bibliothèque électronique. Ses principaux objectifs sont : décrire les usages, découvrir des usages émergents et la manière dont ils modifient les pratiques et enfin dégager une vue prospective.

            Il se sépare en trois phases : enquête de cadrage, constitution du panel et enquête qualitative.

            Les résultats de ce projet sont :

Les usagers de Gallica sont de utilisateurs très actifs du Web.

-       Ils se connectent en moyenne pour des cessions de 30 minutes.

-     Ils visitent en majorité des portails généralistes et des outils de recherche d’information.

-       Gallica est dans les plus visités suivi de Le Monde, Amazon et la Fnac.

       Les usagers de Gallica font aussi un très grand usage de portails culturels.

    Parmi les 16 moteurs de recherche utilisés, Google est loin devant et l’utilisation de métamoteurs concerne une minorité.

            Le profil de ces usagers est conforme à celui attendu : Cadre de la fonction publique ou du privé de 48 ans en moyenne, habitant d’un milieu urbain. Ce sont de gros consommateurs d’nternet et souvent depuis longtemps. Ce ne sont pas ou peu des usagers de la bibliothèque physique.

            On tire de cette étude des profils types des usagers de Gallica :

-       Le chercheur d’information où Gallica est une source de documents primaire et est utilisée en parallèle avec des moteurs de recherche.

-      Le bibliophile qui utilise Gallica comme renseignement en vue d’un achat ou emprunt d’un livre. Gallica fait le lien vers le ‘réel’ : Bibliothèque ou librairie.

-       Le lecteur à l’écran, plutôt rare, qui déplace ces pratiques intenses de lecture papier vers l’écran.

Les lecteurs étrangers trouvent en Gallica une source importante de textes. Si la lecture constante est rare, on constate plutôt une ‘navigation’ sur le site. Les recherches portent le plus souvent sur des usuels et les volumes complets sont téléchargés. De par sa position, Gallica fait le lien entre le web et la sphère marchande.

 

Pour conclure, le projet BibUsages démontre que l’utilisation de Gallica se fait en parallèle des sites marchands et non en concurrence, s’intégrant dans la sphère culturelle et d’information.

Si les modalités de navigation de Gallica ont été pensées comme celles d’une bibliothèque avec son catalogue, ses parcours thématiques, sa classification, son utilisation par les visiteurs n’en est pas moins celle d’une base d’informations et le nouveau public investit cet espace avec ses modalités de recherche, navigation et téléchargement spécifiques au web.

 

Avis : Le projet BibUsages me parait important pour l’avenir des bibliothèques virtuelles. En effet, si les premiers projets de numérisation n’avaient aucune indication sur la possible fréquentation ou même les services à proposer, les études actuelles peuvent orienter les nouveaux projets. Après avoir pris connaissances des profils d’usagers, il appartient à l’institution de développer et améliorer les services correspondants ou au contraire d’orienter vers d’autres usages qui leur semblent mieux correspondre à leur politique. Je ne pense pas que les services publics doivent ‘se vendre’ pour une meilleure fréquentation au détriment d’autres usages marginaux mais existants. Mais l’institution devrait tout de même prendre en compte la fréquentation et les résultats d’enquêtes qualitatives pour améliorer leur relation avec le public et adéquation avec les usages.

Par Elise
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Mardi 26 décembre 2006

Fiche de lecture n°5

Pratiques et représentations des utilisateurs de musée en ligne

 

 

Bernadette Goldstein, « Pratiques et représentations des utilisateurs de musées en ligne », Culture et recherche n° 102 juillet-aout 2004. Page 13-14. [en ligne] <  > (Consulté le 15 décembre 2006)

 

Résumé :

            Dès 1986, les musées ont cherché à mener des enquêtes sur le public sur l’utilisation de l’interactivité (des bornes interactives fleurissaient dans les musées d’art et la réunion des musées nationaux proposait ses premiers CD-roms culturels).

            Ces évaluations avaient pour but d’adapter les produits au public et principalement de comprendre le mode d’appropriation sur ces supports nouveaux. Ces enquêtes ont démontré que le public assimile ces innovations techniques lentement et pas toujours en phase avec le produit.

            En 2002, dans le cadre d’une convention de recherche, l’enquête ‘Publics des musées en ligne et publics des musées réels : quels liens’ a été impulsée. Ses objectifs étaient de mieux connaître le public, de comparer offre des sites et pratiques des internautes, de réfléchir sur le remplacement de l’art virtuel par l’art réel et de vérifier l’impact des cybervisites sur les musées réels.

            Cette enquête a été plutôt qualitative ayant pour but d’identifier les comportements et les usages. Les internautes ont été sélectionné pour assurer une diversité. Le questionnaire tourne autour des profils sociodémographiques, les pratiques des utilisateurs et leur opinion sur les sites. Les résultats indiqués ici sont la répartition des consultations, le thème, le but, l’opinion sur le site et les retombées sur le musée.

            La consultation de sites se manifeste de deux manières : soit consultation sans liaison immédiate avec la visite du musée, soit en rapport avec une visite potentielle du musée.

            Le thème de la visite est souvent l’usage de l’information. L’utilisateur cherche souvent des expositions virtuelles, animé par la curiosité ou le besoin de culture.

            Le but de la visite est donc de satisfaire une soif de découverte ou alors la préparation d’une visite (cadre personnel, scolaire ou professionnel).

            L’opinion sur le site a été séparée entre critiques et avantages. Les critiques sont d’ordre technique reprochant le manque d’investissement de certains sites qui ne sont plus que des vitrines, ne servant plus d’outil de connaissance. Les absences de traduction, les images de qualité inférieure donnent une image peu reluisante des musées qui paraissent clairement en retard sur la technologie actuelle. Las avantages certains sont une plus grande visibilité des centaines de musées du monde. Ce réseau avec ses contacts possibles, son accessibilité à tous offre des possibilités étendues pour le milieu professionnel et enseignant. D’autre part, le rayonnement du musée est étendu, Internet supprimant distances et coûts qui permettent l’accès à la culture.

            Il reste difficile de clarifier le lien entre cybervisite et musée réel, la plupart des visiteurs connaissant le musée réel avant de consulter le site. Les raisons de la consultation sont diverses et pas forcement en lien avec une visite en personne du musée. Les empêchements de visite sont souvent la distance mais les raisons qui conduisent à visiter le musée sont sûrement influencées par les informations découvertes sur le site et par une envie de rapport concret avec l’œuvre.

            Pour conclure, cette enquête a permis deux constats. Les musées d’art moderne ou contemporain sont plus fréquentés sont le net que les musées d’histoire et préhistoire ce qui est la tendance inverse des visites physiques de musées. Le deuxième trait marquant de cette enquête est la constatation suivante : Une image virtuelle ne peut remplacer l’œuvre réelle. Le visiteur du musée recherche émotion et sociabilité et à ce niveau le site est complémentaire plutôt que concurrent, comblant le besoin d’enrichissement des connaissances.

 

            Avis : Cet article met en valeur la relation entre une institution et son site. Plus qu’une vitrine, Internet permet maintenant de véhiculer connaissances et ‘copie’ du musée grâce à la numérisation des œuvres d’art. Les sites des musées permettent une interactivité, une cybervisite de plus en plus poussée avec la technologie actuelle. Mais qui est le cybervisiteur et qui est le visiteur réel ? Est-ce la même personne ? L’enquête effectuée montre de sensibles différences avec une évidente consultation plus large des sites qui accueillent curieux et butineurs. L’idée la plus importante qui se dégage de cette étude reste selon moi que cette cybervisite ne prend pas la place d’une visite réelle. Elle est un palliatif pour ceux que la distance empêche la visite réelle mais la consultation du site peut entraîner une visite ou s’effectue en préparation de celle-ci. Le site contribue alors à la renommée du musée et à sa survie en augmentant son potentiel de visites. Le musée réel ne peut pas disparaître, les images des sites ou visites virtuelles ne remplaçant pas un contact réel avec l’œuvre et ne dégageant pas la même émotion. On peut même ajouter que cet état ne changera pas malgré l’avancée technologique que promet par exemple la numérisation en 3D. Voici un domaine où le virtuel  peut imiter au mieux le réel sans pouvoir le remplacer.

Par Elise
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