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Mardi 26 décembre 2006

Fiche de lecture n°5

Pratiques et représentations des utilisateurs de musée en ligne

 

 

Bernadette Goldstein, « Pratiques et représentations des utilisateurs de musées en ligne », Culture et recherche n° 102 juillet-aout 2004. Page 13-14. [en ligne] <  > (Consulté le 15 décembre 2006)

 

Résumé :

            Dès 1986, les musées ont cherché à mener des enquêtes sur le public sur l’utilisation de l’interactivité (des bornes interactives fleurissaient dans les musées d’art et la réunion des musées nationaux proposait ses premiers CD-roms culturels).

            Ces évaluations avaient pour but d’adapter les produits au public et principalement de comprendre le mode d’appropriation sur ces supports nouveaux. Ces enquêtes ont démontré que le public assimile ces innovations techniques lentement et pas toujours en phase avec le produit.

            En 2002, dans le cadre d’une convention de recherche, l’enquête ‘Publics des musées en ligne et publics des musées réels : quels liens’ a été impulsée. Ses objectifs étaient de mieux connaître le public, de comparer offre des sites et pratiques des internautes, de réfléchir sur le remplacement de l’art virtuel par l’art réel et de vérifier l’impact des cybervisites sur les musées réels.

            Cette enquête a été plutôt qualitative ayant pour but d’identifier les comportements et les usages. Les internautes ont été sélectionné pour assurer une diversité. Le questionnaire tourne autour des profils sociodémographiques, les pratiques des utilisateurs et leur opinion sur les sites. Les résultats indiqués ici sont la répartition des consultations, le thème, le but, l’opinion sur le site et les retombées sur le musée.

            La consultation de sites se manifeste de deux manières : soit consultation sans liaison immédiate avec la visite du musée, soit en rapport avec une visite potentielle du musée.

            Le thème de la visite est souvent l’usage de l’information. L’utilisateur cherche souvent des expositions virtuelles, animé par la curiosité ou le besoin de culture.

            Le but de la visite est donc de satisfaire une soif de découverte ou alors la préparation d’une visite (cadre personnel, scolaire ou professionnel).

            L’opinion sur le site a été séparée entre critiques et avantages. Les critiques sont d’ordre technique reprochant le manque d’investissement de certains sites qui ne sont plus que des vitrines, ne servant plus d’outil de connaissance. Les absences de traduction, les images de qualité inférieure donnent une image peu reluisante des musées qui paraissent clairement en retard sur la technologie actuelle. Las avantages certains sont une plus grande visibilité des centaines de musées du monde. Ce réseau avec ses contacts possibles, son accessibilité à tous offre des possibilités étendues pour le milieu professionnel et enseignant. D’autre part, le rayonnement du musée est étendu, Internet supprimant distances et coûts qui permettent l’accès à la culture.

            Il reste difficile de clarifier le lien entre cybervisite et musée réel, la plupart des visiteurs connaissant le musée réel avant de consulter le site. Les raisons de la consultation sont diverses et pas forcement en lien avec une visite en personne du musée. Les empêchements de visite sont souvent la distance mais les raisons qui conduisent à visiter le musée sont sûrement influencées par les informations découvertes sur le site et par une envie de rapport concret avec l’œuvre.

            Pour conclure, cette enquête a permis deux constats. Les musées d’art moderne ou contemporain sont plus fréquentés sont le net que les musées d’histoire et préhistoire ce qui est la tendance inverse des visites physiques de musées. Le deuxième trait marquant de cette enquête est la constatation suivante : Une image virtuelle ne peut remplacer l’œuvre réelle. Le visiteur du musée recherche émotion et sociabilité et à ce niveau le site est complémentaire plutôt que concurrent, comblant le besoin d’enrichissement des connaissances.

 

            Avis : Cet article met en valeur la relation entre une institution et son site. Plus qu’une vitrine, Internet permet maintenant de véhiculer connaissances et ‘copie’ du musée grâce à la numérisation des œuvres d’art. Les sites des musées permettent une interactivité, une cybervisite de plus en plus poussée avec la technologie actuelle. Mais qui est le cybervisiteur et qui est le visiteur réel ? Est-ce la même personne ? L’enquête effectuée montre de sensibles différences avec une évidente consultation plus large des sites qui accueillent curieux et butineurs. L’idée la plus importante qui se dégage de cette étude reste selon moi que cette cybervisite ne prend pas la place d’une visite réelle. Elle est un palliatif pour ceux que la distance empêche la visite réelle mais la consultation du site peut entraîner une visite ou s’effectue en préparation de celle-ci. Le site contribue alors à la renommée du musée et à sa survie en augmentant son potentiel de visites. Le musée réel ne peut pas disparaître, les images des sites ou visites virtuelles ne remplaçant pas un contact réel avec l’œuvre et ne dégageant pas la même émotion. On peut même ajouter que cet état ne changera pas malgré l’avancée technologique que promet par exemple la numérisation en 3D. Voici un domaine où le virtuel  peut imiter au mieux le réel sans pouvoir le remplacer.

Par Elise - Publié dans : Fiche de lecture
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