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Lundi 4 décembre 2006 1 04 /12 /Déc /2006 14:07

Fiche de lecture n°3

Catalogage et métadonnées

 

Gradmann Stephan, Catalogage et métadonnées : du vin vieux dans des bouteilles neuves ?, IFLA, 1998 [en ligne] http://www.ifla.org/IV/ifla64/007-126f.htm, consulté le 15 novembre 2006

 

Résumé :

D’après la définition de Rachel Heery en 1996, on peut designer par le terme de métadonnées les notices de catalogue car elles sont ‘des données sur des données’. Cette définition correcte du point de vue sémantique entraîne du côté des bibliothécaires un certain désintérêt pour ces métadonnées en considérant que leur arrivée n’affecte en rien leur travail.

            Ce désintérêt n’est pas justifié et certains aspects de l’entité ‘métadonnée’ ont des chances de concerner bientôt les bibliothèques.

            Certains défendent le fait que les métadonnées sont complémentaires aux notices de catalogage mais le but de cet article est de mettre en évidence le caractère opposé de ces deux notions.

            En effet, dès le départ, au lieu de développer le format MARC déjà existant, les chercheurs créent une structure nouvelle pour ces métadonnées.

 

            Il ne faut pas tomber dans le piège de croire que les métadonnées du Dublin Core sont une forme plus simple de catalogage malgré la définition que les métadonnées sont de simples ‘données sur des données’. De nombreuses personnes comme Miller en 1996, Caplan en 1995 ou Heery donne cette définition.

            Mais la définition de Tim Berners-Lee diffère en un point important : ‘les métadonnées sont des informations compréhensibles par des machines’. On peut toujours nommer cette activité du catalogage mais le contexte est différent, ce ne sont plus des humains mais des machines qui travaillent. On met en avant la plus grande efficacité des métadonnées qui permet alors de faciliter le catalogage.

            Un deuxième aspect diffère quand on sait qu’à l’origine le Dublin Core a été pensé pour que les auteurs eux-mêmes puissent remplir les métadonnées. Le créateur n’est plus le bibliothécaire.

            Une autre caractéristique de départ du Dublin Core est sa construction pour faciliter la recherche dans un réseau et non d’être seulement la description d’un document.

            Pour résumer, le contexte d’utilisation des métadonnées est différent. L’auteur n’est pas forcément un professionnel, elles concernent un seul type de document (ressources électroniques) et sont produites plus efficacement que les notices catalographiques.

            Le résultat en lui-même entre des métadonnées et une notice de catalogage est assez semblable mais tout l’environnement de création et d’utilisation diffère. Ainsi les métadonnées peuvent dépasser l’exemple du catalogage et les considérer comme une forme simplifiée de catalogage est sûrement une erreur.

 

            Les notices catalographiques d’une bibliothèque sont peu précises dans le sens où elles ne prennent pas en compte l’utilisateur. Même le contexte d’une future utilisation est plutôt ignoré, ne changeant en rien la construction ou la sémantique utilisée pour la notice.

            Au contraire, le Dublin Core et ses projets semblables ont une grande volonté d’inclure l’utilisateur. Même si cela peut paraître un désavantage qui entraîne une inégalité dans l’application des normes, on voit aujourd’hui les aspects positifs de cette préoccupation. En effet, le Dublin Core est utilisé pour un type de ressources spécifique qui suppose aussi un contexte d’utilisation plus restreint et désigne une catégorie d’utilisateurs appelée par les chercheurs les ‘touristes électroniques’.

D’autre part, la différence se situe aussi au niveau du rapport Métadonnée/Ressources et Notice catalographique/Document. En effet, la relation entre métadonnée et ressource est construite pour fonctionner dans l’environnement web et définie comme exclusive (une ressource est unique d’après les hypothèses de base du Dublin Core). Au contraire, une notice catalographique va être attribuée à plusieurs exemplaires, complétant les données locales. Ainsi la notice est peu dépendante d’une source unique.

            En conséquence, les métadonnées diffèrent de par leur production différente et leur application s’effectue dans un contexte différent de celui des notices catalographiques que côtoie habituellement le bibliothécaire.

 

            Maintenant que les différences sont établies, on peut s’attarder sur la place du bibliothécaire dans ce projet. Pour la combinaison entre métadonnées et catalogue de bibliothèque, des projets voient le jour, mêlant informatisation des bibliothèque avec les systèmes de recherches sur internet. Mais ces essais ne sont pas encore opérationnels.

            Cependant, l’intervention des bibliothécaires serait sûrement bénéfique pour la communauté utilisatrice des métadonnées. Leur expérience, notamment pour la construction du Dublin Core avec qualificatifs, peut permettre d’éviter certaines erreurs déjà rencontrées ou de résoudre des problèmes connus des professionnels.

            Deux domaines nécessitent l’implication des bibliothécaires et l’apport de leur savoir-faire. Tout d’abord pour la mise en place de l’uniformisation et de contrôle d’autorité dans le contexte des métadonnées, sans revenir à la conversion en catalogage traditionnel. Ensuite, pour le problème de l’authentification par les métadonnées.

            L’un des principaux problèmes du Dublin Core est le manque d’utilisation de celui-ci, du à la faible utilisation par les moteurs de recherche qui manquent de confiance en ces métadonnées. Le bibliothécaire peut intervenir à ce niveau puisqu’il a souvent tenu le rôle de confiance et d’authentification pour l’utilisateur. Les abus au niveau des métadonnées sont déjà répandus et il manque un organisme qui propose une description fiable des ressources.

            Les bibliothèques et autres institutions publiques doivent s’impliquer dans ce processus même si un organisme extérieur peut aussi être utile dans la mesure où il lutte contre la vague actuelle de dérégulation.

            Du vin vieux dans des bouteilles neuves ? Après avoir démontré que cela n’est pas le cas, reste à trouver la place des bibliothèques dans cette évolution.

 

 

Avis : Cet article explique très bien le rôle des métadonnées par rapport aux activités de catalogage que nous connaissons. Il apparaît clairement qu’elles doivent être prises en compte sérieusement et de façon séparée. Les nouveautés qu’elles introduisent comme la place du contexte et de l’utilisateur paraissent être une évolution  importante. Toutefois, cet article datant de 1998, on peut se demander où en sont les métadonnées aujourd’hui. Même si leur importance n’est pas à démontrer, la création des métadonnées n’est pas encore vraiment établie dans les mœurs. Les données du Dublin Core devant être remplies par le créateur de la ressource ne sont pas suivies.

            Il est donc toujours d’actualité de parler de l’implication des bibliothèques dans la création des métadonnées. Si les projets et les idées sont présents, la réalisation n’est pas encore systématique.

Par Elise - Publié dans : Fiche de lecture
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